La vie à la marina de Shelter Bay

Nous voici donc depuis quelques jours au ponton de la marina Shelter Bay.
Cette marina est très confortable pour nous.

Elle porte bien son nom. Etant construite dans une incursion de l’énorme baie d’entrée du canal, elle-même protégée par d’énormes digues en béton la marina ne subit pas la houle. Le bateau est très bien protégé. Les pontons sont très corrects et les manœuvres d’appontage sont guidées d’une main de maître par le personnel. 

Les sanitaires sont très nombreux, très propres et certains sont même très spacieux. Nous pouvons prendre une douche familiale sans aucune problème.
Quel joie le premier jour de pouvoir me sécher le dos sans me cogner, une révélation ! 

Autour de la marina il n’y a rien. Enfin je dis rien… la jungle quoi. C’est sympa pour faire de petites balades entre serpents, singes et crocodiles.
Mais du coup elle est très éloignée de tout. Pour rejoindre la ville la plus proche, Colón, il faut facilement une heure. Le trajet demande de passer par-dessus le canal que ce soit en ferry ou par un pont sur une écluse. La marina met à disposition des navettes gratuites deux fois par jour. Ce qui permet d’aller se ravitailler très facilement.

La marina regroupe une forte présence anglo-saxonne et fonctionne, paraît-il, un peu comme les marinas américaines. De nombreux point de rendez-vous entre marins sont donnés. Apéro partagé le vendredi soir, soirée « Open-mic » où les musiciens et chanteurs sont appelés à se produire, barbecue ouvert le dimanche soir, soirée film le jeudi soir, rendez-vous entre chrétiens le dimanche matin, et aquagym tous les jours ou presque.
Tout cela uniquement entre marins. Il faut dire qu’un certain nombre de bateaux reste longtemps à quai ici que ce soit pour la saison ou plus encore. Certains marins travaillent sur la marina afin de renflouer leur caisse de bord.

Par contre cela signifie équipages parlant anglais. Et pour nos enfants ce n’est pas si simple. A notre premier séjour il y avait une bonne petite troupe où nos fantastiques s’étaient insérés. Il y avait eu des moments moins faciles où on les sentait mis de côté par la différence de langue mais ils ne se décourageaient pas. Surtout les garçons. Cette fois il y a moins d’enfants et nos fantastiques n’accrochent pas vraiment.

Anniversaire à la façon anglo-saxonne, on invite largement pour un soufflage de bougie en entonnant « Happy birthday… »

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les bateaux en transit par le Canal de Panamá passent par cette marina. Ne serait-ce que pour faire mesurer le bateau 3 jours avant de passer. Mais le plus souvent ils s’y arrêtent au moins la nuit précédant le départ. Du coup nous croisons moult équipages prêts à faire le grand saut. Et cela génère chez moi une pointe d’envie. Enfin je dis ça… il y a un mois cela s’apparentait à de la torture. Maintenant je les regarde partir sereinement.

Dans cette marina il y a une piscine, pas très grande ni très profonde mais placée très intelligemment au cœur de la marina. Cela donne un lieu de rendez-vous facile. Nous y allons pour nous rafraîchir mais aussi pour le côté social. Et il n’est pas rare que cela papote en groupe moitié dans l’eau moitié habillé.

Les enfants y vont seuls sans problème. D’autant que nous avons demandé une place en tête de ponton et nous retrouvons juste devant la piscine. Pratique pour avoir l’oreille aux cris des enfants.

Zelma en tête de ponton avec sa décoration spécial lessive.

Il y a aussi une salle appelée « lounge » où il y a une grande télévision et des canapés confortables mais aussi de nombreuses tables pour s’installer avec un PC (ou pas). Et une énorme bibliothèque libre-service. Nous y avons d’ailleurs déposé de très nombreux ouvrages en français. Nos ouvrages anglais étant passés directement d’un bord à un autre sans passer par la case biblio. Et détail qui fait toute la différence, il y a la climatisation. La première fois que nous sommes venus il m’est arrivé de faire travailler un enfant au frais. Cette fois le mode « vacances » est enclenché et les enfants s’y gavent de télévision en américain.

Soirée film avec popcorn… et bien les 4 fantastiques sont restés jusqu’au bout, malgré la langue.

De nombreux lieux ou événements donc qui permettent de sortir du bateau et c’est très appréciable.

Par contre, parce que rien n’est toujours tout rose, le dénuement des « professionnels » est assez flagrant. Il est courant de dire que de toute façon ici il n’y a « rien ».

Il y a une petite boutique d’accastillage mais les quelques rayons sont presque vides, il faut tout commander.
Il y a une micro supérette mais je n’y suis jamais entrée.

Les artisans n’ont pas de matériel parce qu’il faudrait qu’ils l’avancent sur leurs deniers personnels, ce qu’ils ne font pas. La marina ne les soutient pas du tout financièrement. Ça, pour nous occidentaux, c’est difficilement concevable. Comment un employeur peut-il se mettre une balle dans le pied en ne pourvoyant pas au fonds de commerce de ses employés ??
Seule la voilière (pour les néophytes : la dame qui fabrique ou répare les voiles), américaine et sur place depuis un bon moment, a acheté du petit matériel pour avoir un fond.

J’ai aussi ouï-dire que si tu confiais ton moteur pour une réparation tu pouvais être certain qu’il ne fonctionnerait plus.

La seule expérience que nous avons eue a été la réparation de nos bossoirs. Nous n’avons pas été satisfaits de comment cela s’est passé.

Pour les réparations nous devons  passer par la marina et ses professionnels. Toutefois nous étions aidés par un marin installé là depuis quelques temps qui travaille comme « intermédiaire-interprète-coach » entre nous et les professionnels ne parlant qu’espagnol. Thorston s’y connaît en technique et permet que les choses se fassent correctement.

Cependant lesdits professionnels n’avaient pas le matériel nécessaire, comme d’habitude. Sauf qu’en fait, chose apprise au bout de 10 jours, ils ne pouvaient pas en avoir non plus. Cette affaire a traîné en longueur, le responsable de la marina s’excusant auprès de nous mais ne bougeant pas des masses… 
Et quand je parle de matériel, il suffisait de petites plaques d’inox de qualité marine.
Tout cela jusqu’à que l’on fasse appel au réseau marin et qu’en une journée on nous indique un artisan, ancien marin et toujours allemand, qui pourrait travailler pour nous et avoir le matériel. En très peu de temps Allie a accepté le chantier bien qu’habitant à Panama City. Il est venu 3 jours en se faisant les deux fois 3h de route dans la journée… On a proposé de l’héberger mais il avait un autre chantier sur Panama en parallèle. En 4 jours c’était plié. Après plus de deux semaines de tractations diverses… Et pour info Allie doit payer une contribution à la marina pour avoir le droit de travailler sur un bateau.

Cette  marina propose aussi un restaurant et quelques chambres d’hôtel. C’est pratique pour les marins recevant de la famille ou des amis pour passer le canal. Et pour nous ce sera aidant d’y passer une ou deux nuits quand nous aurons vidé le bateau pour les derniers nettoyages.

Tous ces avantages me faisaient préférer cette marina pour les préparatifs de départ. Par contre le gros inconvénient et pas des moindres est… le prix.
Le prix au ponton est excessivement cher. Même sur la longue durée comme nous nous apprêtons à faire.

Une autre marina, Linton Bay, à quelques heures de navigation est bien moins chère. Par contre le prix du stockage à sec est moins élevé à Shelter Bay qu’à Linton. Xavier souhaitait donc laisser Zelma dans l’eau à Linton Bay.

Nous sommes allés la visiter. Elle est très récente. Il y a très peu de pontons. Les bureaux sont dans un container aménagé. Et surtout : aucun centre névralgique. Il y a une station essence et c’est tout. 

Je ne voyais pas passer près de 2 semaines dans un endroit comme celui-là. Je n’ai pas vu d’enfant courir sur les pontons. Que feraient les nôtres ? Ils resteraient au bateau où ils nous gêneraient dans nos mouvements. Ils seraient frustrés et il faudrait leur consacrer du temps et/ou les emmener à la plage. Pour moi cela me paraissait un mauvais choix pour la préparation.

Mais aller jusqu’à Shelter Bay pour les préparatifs et revenir jusqu’à Linton Bay pour le stockage nous faisait non seulement perdre une journée entière mais aussi naviguer sur un bateau propre donc en solitaire.

Donc ce que Capitaine veut…
Ce serait Linton Bay, préparatifs inclus.
J’ai lâché prise j’avais dit ce que je pensais et je ferais avec « ce qui est ». Et j’ai profité de notre répit aux San Blas.
Nous sommes arrivés de nuit à Linton Bay. La houle entrait dans la baie. Au petit matin, après 3 heures continues de sommeil, Xavier est allé voir pour une place. La houle entrait jusque dans la marina. Et pourtant elle n’était pas forte, mais mal orientée. On nous proposait une place sur le ponton flottant, non alimentée en électricité (il fallait faire un raccord plus loin) et les bateaux environnants avaient l’air en fin de vie. Xavier est revenu dépité. En deux minutes nous décidions de relever l’ancre pour nous rendre à Shelter Bay. Nous stockerions le bateau au sec pour minimiser un peu les frais.
J’étais ravie de mon lâcher prise. Les choses se sont arrangées au mieux sans moi.

Bref… nous sommes à la marina.

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