Cuba l’exception

 Alors Cuba…

C’est vraiment complètement différent de tout ce que nous avons rencontré jusqu’à présent.

Cuba est une île dont je souhaitais aller à la rencontre depuis des années. L’ouverture au tourisme américain depuis quelques années change peu à peu le visage de cette île exceptionnelle. J’étais contente de pouvoir y aller maintenant en imaginant que les changements amorcés s’accentueront avec les années et pas forcément en bien.

Dans mon idéal nous arriverions et poserions le bateau à la marina pour partir sac au dos et enfants aux bras à l’assaut de cette île pour quelques semaines. Nous sommes deux à décider et 6 à vivre, résultat nous dormirions sur notre bateau et ferons les trajets de jour uniquement.

Énormément de sentiments ont été éveillés en nous, souvent.

Nous avons essayé de creuser pour comprendre ce pays. Mais après un mois nous sentions bien que nous ne comprenions vraiment pas grand-chose. En tout cas ce que nous avons vu c’est que : – Nous passions de pauvreté en pauvreté depuis des mois. Mais la pauvreté Cubaine est vraiment bien différente. Non seulement les gens n’ont rien mais la disponibilité des biens sur l’île est très limitée. L’embargo américain empêche l’île de se ravitailler facilement et le coût en est augmenté.
Donc les gens « n’ont pas ». Et doivent faire sans ou réparer l’ancien et cela donne du coup une allure un peu obsolète à cette île. Les véhicules ont facilement 60 ans d’âge et les textiles sont aussi très limités.

– Les gens récupèrent tout. Il n’y a pas d’emballage ou très peu et donc relativement peu de déchets aussi. Les gens récupèrent et lavent les sacs plastiques.

– Les matériaux sont majoritairement en bois ou en métal et ces matériaux se réparent aisément. De nombreux ateliers les travaillant sont ouverts sur la rue. D’une manière générale nous apercevions facilement les ateliers depuis le trottoirs, porte ouverte pour la ventilation.

-Il faut jongler entre deux monnaies. Le CUC (cuban convertible pesos) théoriquement pour les touristes et le peso cubain pour les autres. Le CUC vaut à peu près 25 pesos cubains (environ 1€). Et cette monnaie complique fortement les choses.

Celui-là coûte 25 fois plus cher…

Les prix en CUC sont souvent démesurés par rapport au niveau de vie cubain. En théorie les touristes utilisent les CUC mais il est possible d’échanger des CUC contre de la monnaie locale afin de pouvoir manger dans la rue, acheter au marché ainsi que dans des magasins d’Etat. Par exemple le ferry pour relier la marina à Santiago de Cuba demande 1 peso par personne et 1 CUC par touriste. Ce qui fait non pas deux ni trois mais 25 fois plus cher !

– Qui dit communiste dit a priori même salaire pour tous, ou alors nous n’avons pas bien compris l’idéologie. Et bien en fait… non.
Il y a d’énormes disparités. Un pêcheur gagne en fonction de ce qu’il ramène et non pas un salaire fixe.
Nous avons compris que les salaires étaient plafonnés dans les emplois publics. Un avocat ou un équivalent d’un bac+5 peut voir son salaire mensuel maximum à 750 pesos (soit environ 30€). Alors qu’une course en taxi sur petite distance rapportera à son propriétaire 3 CUC ou  pour un trajet de 3h, 50 CUC .
Enfin quand je dis propriétaire là encore ça dépend. Les taxis ordinaires appartiennent à l’Etat mais d’autres sont privés.
Nous avons rencontré un ingénieur qui gagne bien plus en faisant le guide touristique qu’en travaillant en utilisant son diplôme.

Bref c’est com-pli-qué.

Bâtisse dans laquelle se trouve le marché

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