Cuba nous voilà

Cuba a été notre destination au mois de mai. Voici le premier de nos articles souvenir.

Je ne me souviens finalement plus de ces 3 jours de mer pour relier Haïti à Cuba. Qu’est-ce que c’est 3 jours quand on en a vécu 8 ? Je me souviens de mer pas très sympa, agitée, mais pas la mort non plus, du moteur parfois, il y a dû y avoir un grain ou deux en passant…Thibaut a permis à Xavier d’échanger les quarts… de nuit. La journée il dormait, bien loin du rythme d’un parent de 4 enfants petits dormeurs. Pour ma part j’ai pu aller me coucher dès que le besoin s’en faisait sentir, et surtout surtout ne pas avoir à m’arracher de ma couchette au milieu de la nuit coûte que coûte pour relayer le capitaine. Royal.

Nous sommes arrivés au matin dans la baie, la gigantesque baie, de Santiago de Cuba. Direction la marina pour les formalités d’entrée. Difficile de repérer à quel ponton s’amarrer puisque le plus grand ponton du coin est un ponton abandonné ou presque. Heureusement la capitainerie nous a aiguillé par la radio VHF.

Joie d’être arrivés. Enfin surtout visible pour Thibaut, tout joyeux d’avoir enfin atteint sa destination de prédilection. Moi je me sentais plus anesthésiée. Trop de navigation pénible ? Ou juste joie paraissant faible aux côtés de l’euphorie de notre jeune ami ? Et le capitaine avec son flegme habituel était simplement content d’avoir amené le bateau (et tout son équipage) jusque-là.

Premier contact avec les Cubains.
Un officiel monte à bord accompagnée d’une médecin. Tout un tas de questions, la prise de température pour tous les passagers et une petite liasse de papiers à remplir. La majorité avec des approximations.

Combien de litres d’alcool à bord ? Euh… à peine 2 Monsieur (hum hum). Combien de kilo de viande ? Euh… les lardons ça compte ? Combien de végétaux ? On ne va pas compter les bananes quand même si ? Non !

Et puis les enfants font un petit tour pour dire bonjour, nos réponses se font en espagnol le plus souvent possible, le rhum s’installe dans les verres et Zélie fait son numéro habituel de blondinette couette-couette et alors les sourires s’étalent sur les visages. On commence à blaguer (avec notre limitation linguistique cela reste tout de même basique). Les papiers finissent de se remplir et les officiels nous invitent à descendre à terre faire les papiers d’immigration.

Une plâtrée familiale vite fait bien fait et on délègue le suivi du déjeuner à Thibaut pour se déplacer à deux au poste d’immigration de la marina. Rare moment où nous sommes un duo, apprécié à sa juste valeur. Il faut dire que le gentil monsieur tout sourire qui a bu notre rhum nous a parlé d’un truc qui nous a fait tiquer. Le prix du visa pour entrer sur le territoire. Alors nous préférons être deux pour affronter cela avec le chargé de l’immigration.

Le guide touristique avec lequel nous sommes venus parlait de 15€ par personne, ce qui nous semblait parfait. On s’attendait à une petite augmentation tout de même. Mais là ! Le verdict tombe. Le prix du visa pour entrer à Cuba que l’on soit français ou américain est de… 75$ par personne à bord. Oui, même les bébés comptent… A cela s’ajoute les frais d’entrée pour le bateau qui s’élèvent à 40$ pour notre longueur et vous avez un total de… …500$ pour notre famille de 6 !!

Cela uniquement pour entrer à Cuba. Que ce soit pour 24h ou pour un mois. Ensuite il faut payer un prolongement de visa, comme partout. Qu’ils nous feraient, d’ailleurs, gracieusement (hein ?) à 25$ par visa. 500$… Gloups…

Venant de la République Dominicaine et de ses arnaques faciles, dans un premier temps nous avons essayé de déceler si le prix était officiel ou « officiel ». Avec le recul la question était inutile, ce sont des Cubains donc réglo. Nous tentons de comprendre pourquoi c’est si cher et le seul argument du monsieur est que les prix ont augmenté chaque année depuis deux ans et que l’année dernière c’était 40$. Re-gloups.

Mais attendez, pour nous rassurer il nous apprend que les prix ont changé en janvier dernier, donc 5 mois plus tôt nous économisions près de la moitié. Su-per !

Bon et maintenant on fait quoi ? On va prendre l’air histoire de se rafraîchir les idées en dehors de la clim’ poussée à fond. Il y a deux choix, payer ou partir…

Bon ! Reculer pour 500€ c’est peut-être mesquin. Et puis ce n’est pas 500, c’est 300€ (et quelques) de différence sur le prix estimé.

Sur le ponton, tout dépités, nous hélons notre gentil voisin italien. Il nous apprend que le visa est moins cher si nous l’achetons dans des ambassades cubaines ailleurs. Il s’y connait, il vient tous les ans. Peut-être plus pour bien longtemps ceci dit, vu les prix. Il achète personnellement son visa en Italie avant de venir et le prix est d’environ 30€… Donc oui là d’où nous venons, la République Dominicaine, il aurait été possible d’acheter les visas pour moitié prix. D’autant que nous sommes passés à Santo Domingo, la capitale. Re-re-gloups !

On pourrait très bien faire un aller-retour en Jamaïque. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

Par chance notre gentil voisin nous dit qu’il lui reste un visa inutilisé acheté en Italie qu’il souhaite nous donner en cadeau pour Zélie. Le concept du visa à 75$ pour le bébé de 2 ans le scotche un peu aussi. Nous lui achèterons finalement au prix coûtant ce qui nous fera quand même une chouette occase. Nous ne pouvons même pas lui offrir une bière fraîche à notre bord, Zelma et son équipage étant encore illégaux.

Donc nous nous décidons à payer plein pot notre entrée à Cuba et allons terminer les formalités et récupérer nos passeports que l’agent avait ostensiblement gardés. Nous voilà en règle.

Pas le temps de souffler qu’il faut bouger le bateau puisque nous ne payons pas en plus de place au ponton et souhaitons mettre Zelma au mouillage. Une fois un petit tour dans le mouillage bien protégé il s’avère que notre ancre n’a pas accroché, donc nous nous mettrons comme d’autres près du chenal à « l’extérieur » de la marina. L’ancre descendue et accrochée, nous pouvons souffler et accessoirement déjeuner.

Nous sommes bien arrivés à Cuba.

Vue de la marina aux premières lueurs du jour
Baie de Santiago de Cuba

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